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Ker-Xavier ROUSSEL (1867-1944), le « Nabi bucolique »

Depuis 2009, le musée de Pont-Aven met à l’honneur les artistes du groupe des Nabis (Prophètes en hébreu). C’est ainsi qu’après « Maurice Denis et la Bretagne » (2009) et « Paul Ranson. Fantasmes et sortilèges » (2010), il présente la première exposition monographique consacrée à Ker-Xavier Roussel, en France, depuis 1994.

De gauche à droite: K-X Roussel, Edouard Vuillard, Romain Coolus, Félix Vallotton, en 1899.

Vers 1888, rappelle Estelle Guille des Buttes-Fresneau, Conservateur et Commissaire de l’exposition, un groupe de jeunes artistes français, formé à l’académie Julian, école privée très libre, se donne le nom de Nabis – prophète en hébreu. L’association, composée de personnalités très différentes, dure une décennie. Ce courant cherche, d’une part à abolir les limites qui séparent l’art décoratif et la peinture de chevalet, d’autre part à retrouver les sources pures de l’art après les effusions de l’impressionnisme jugé trop sensible et superficiel.  Leur démarche mystique les assimile au symbolisme et l’esthétique se forme autour des théories du cloisonnisme et du synthétisme. Sur les conseils amicaux de Paul Gauguin, Paul Sérusier peint à Pont-Aven en septembre 1988 Le Talisman, oeuvre manifeste nabie.

Le Bois d'Amour à Pont-Aven (cliché B.Ruelle)

Maurice Denis rapporte la leçon de peinture que Paul Gauguin donne à Paul Sérusier à Pont-Aven en octobre 1888: « Comment voyez-vous cet arbre, il est bien vert ? Mettez donc du vert, le plus beau vert de votre palette; et cette ombre, plutôt bleue ? Ne craignez pas de la peindre aussi bleue que possible. » Le tableau (« Talisman ») va devenir le manifeste d’une nouvelle esthétique, fondée sur l’aplat de couleur pure et la subjectivité de nature presque abstraite. C’est ce qu’on appelle « le cloisonnisme ».

Paul SÉRUSIER (1864-1927), "Le Talisman" (L'Aven au Bois d'Amour), 1888, Huile sur bois, 27x21,5 cm, Musée d'Orsay.

Les artistes se réunissent à Paris dans l’atelier du peintre Paul Ranson. Maurice Denis est le théoricien du mouvement On lui doit cette formule désormais célèbre: « Se rappeler qu’un tableau avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface place recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées » (Théories 1890-1910). La Revue Blanche, ralliée aux novateurs entre 1891 et 1903, se fait l’écho de leurs idées.

Principales caractéristiques de la peinture nabie: abandon de la notion traditionnelle de support pictural et expression libre sur tapisserie, éventail, mosaïque, meuble, céramique, affiche, illustration, livre, décor de théâtre, marionnette, etc. Suggestion de l’essentiel: le rêve, la spiritualité, l’intimité dans la vie courante – les Nabis refusent le réalisme et veulent retrouver « la saveur de la sensation primitive ». Utilisation de l’arabesque décorative jusqu’à la déformation et attribution d’un pouvoir émotionnel à la ligne. Larges surfaces de motifs géométriques et emploi de demi-tons pour conférer une valeur décorative à la peinture.

Né le 10 décembre 1867 à Lory-lès-Metz et décédé le 6 juin 1944 dans sa maison de l’Étang-La-Ville,  c’est dans le cadre du lycée Condorcet, à Paris, que François Xavier Roussel rencontra Denis, Lugné-Poe et Edouard Vuillard, qu’il amènera progressivement à la peinture et qui devint son beau-frère. Les deux amis partagent leurs ateliers et s’inscrivent à l’atelier de Diogène-Ulysse-Napoléon Maillard où ils rencontrèrent Charles Cottet. Ensemble, ils fréquentent l’Académie Julian à Paris et reçoivent les enseignements de Bouguereau et de Lefebvre. Mais c’est la doctrine « synthétiste », prêchée par Sérusier et issue de la leçon de Gauguin, à Pont-Aven, qui les attire. Intégré au groupe des Nabis, Roussel expose avec les autres membres du groupe pendant l’exposition universelle de 1889, à Paris, au Café Volpini, ainsi que chez Le Barc de Boutteville.

Après les natures mortes réalistes de ses débuts, Roussel peint sous l’influence conjuguée de Gauguin et de Cézanne. Des scènes intimistes et des paysages des environs de Paris, aux formes en aplats, sans être strictement cloisonnées, et aux tons sourds, intègrent son oeuvre.

Ker-Xavier ROUSSEL, "Composition dans la forêt", Huile sur toile (45 x 31 cm), vers 1890-1892, Musée départemental Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "Petit Paysage nabi", Huile sur toile (15,5 x 14 cm), Collection particulière. (Cliché B.Ruelle)

 

Ker-Xavier ROUSSEL, "Femme et fillette", Huile sur toile (40 x 32 cm), vers 1892, Collection particulière. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "Deux âges de la vie", Huile sur toile (29 x 52 cm), vers 1892, Collection Winter. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "Conversation", Huile sur toile (41 x 32 cm), vers 1891-1893, Dépôt du musée du Vieux Toulouse au musée des Augustins, Toulouse. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "Femme au peignoir bleu moucheté", Huile sur toile (35 x 27 cm), vers 1891-1893, Collection particulière. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "Au jardin", Huile sur panneau, (27,5 x 17,5 cm), vers 1893, Collection particulière. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "Personnages dans la campagne", Pastel sur papier marouflé sur toile, (29 x 47,5 cm), vers 1894, Collection Winter. (Cliché B.Ruelle)

Dès 1900, il commence à peindre des scènes mythologiques peuplées de nymphes et de faunes poétiquement évoquées dans des paysages des environs de Paris dans un esprit symboliste. Sa palette s’éclaircit ensuite à partir de 1905 lors de son voyage à bicyclette de Marseille à Menton en compagnie de Maurice Denis et au cours duquel, ils rendent visite à Cézanne à Aix.

Ker-Xavier ROUSSEL, "Castor et Pollux", Pastel sur papier (50 x 60 cm), Collection galerie de la Présidence. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "Les Marronniers", Pastel sur papier (85 x 97 cm), vers 1920, Collection particulière. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "L'Après-Midi d'un faune", Peinture à la colle sur toile (180 x 227 cm), vers 1917, Collection particulière. (Cliché B.Ruelle)

Ker-Xavier ROUSSEL, "Grande Fontaine de Jouvence", (212 x 324 cm), Peinture à la colle sur toile, Collection particulière. (Cliché B.Ruelle)

Les décors monumentaux font, comme pour les autres Nabis, partie de l’oeuvre de Roussel. Ainsi, en 1912, il réalise notamment le rideau de scène de la Comédie des Champs-Elysées; en 1937 La Danse pour le Palais de Chaillot; en 1938 la grande décoration (11 mètres de haut) Pax Nutrix du palais de la Société des Nations à Genève.

« Je me suis souvent demandé si l’admiration que Roussel avait pour Mallarmé n’était pas pour quelque chose dans cette hésitation de la parole qu’il manifestait sitôt que l’entretien s’élevait. J’aimais le sentir en difficulté lorsque, repoussant le mot que chacun avait sur les lèvres, il se refusait à le prononcer. Cette résistance à la facilité et au lieu commun, qui donnait à ses propos un attrait particulier, n’était en somme que la manifestation de son caractère foncièrement scrupuleux. Je me souviens de Vuillard, qui l’aimait comme on sait, souriant et fixant le dessin du tapis et moi, également silencieux, regardant Vuillard pour laisser Roussel poursuivre sa lutte avec l’incommunicable. Ce même scrupule, Roussel le manifestait en peignant. » (Jacques Salomon, « K.X.Roussel », La Bibliothèque des Arts, Paris, p.40)

Musée des beaux-arts
Place de l’Hôtel de Ville
29930 – Pont-Aven
Tel: (+33) 02 98 06 14 43
Ker-Xavier Roussel (1867-1944). Le « Nabi bucolique », du 28 mai au 2 octobre 2011.
 
 

A écouter Gauguin et les Nabis 

Le futur musée de Pont-Aven

Inauguré le 29 juin 1985, le musée de Pont-Aven fermera à partir d’octobre 2012 pour renaître en 2014. Le projet retenu par la municipalité est la réhabilitation de l’ancienne annexe de l’hôtel Julia sur la place de Pont-Aven. Projet proposé dans le cadre d’un concours d’architecture par l’atelier de l’Ile situé à Brest et à Paris (http://www.atile.fr/index.html). Objectifs de cette re-création: doubler la surface d’exposition, garantir des réserves d’oeuvres aux normes, et offrir des services plus étendus aux visiteurs: librairie-boutique, espace détente, salle de conférence, salle pédagogique destinée aux animations pour les enfants, etc. Le musée de Pont-Aven bénéficie aujourd’hui de l’appellation « Musée de France » décernée par le Ministère de la Culture.


 
 
 
 
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Classé dans Peinture

Paul Ranson, artiste nabi: fantasmes et sortilèges…

Le musée de Pont-Aven (Musée Pont-Aven), en partenariat avec le musée Maurice Denis de St-Germain-en-Laye (Musée Maurice Denis) et dans le cadre du centenaire de la mort de l’artiste, présente l’exposition  » Fantasmes et sortilèges  » consacrée à Paul Ranson (1861-1909). Du 5 juin au 3 octobre 2010, l’exposition célèbre l’univers étrange et fantastique du peintre, tout autant que la place prépondérante de la femme dans les créations de l’artiste.

Le terme « nabi » apparaît pour la première fois en 1889 dans la correspondance du peintre Paul Sérusier. Le mot, qui signifie prophète en hébreu, lui a été soufflé par son ami Auguste Cazalis, spécialiste des langues orientales. Au coeur même de l’art des Nabis: la recherche permanente d’équivalents plastiques pour traduire les mystères de l’âme et de la pensée. Avec un sujet qui s’efface devant la ligne et la couleur, selon la superbe formule de Maurice Denis: « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane, recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées... » (23 août 1890).

Estelle Guille des Buttes-Fresneau, Conservateur du Musée de Pont-Aven et Commissaire de l’exposition (vidéo B.Ruelle):

Fondateur du mouvement aux côtés de Maurice Denis, Edouard Vuillard ou encore Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson affiche cependant une véritable singularité artistique. Les symboles ésotériques parsèment ses toiles tout en se mêlant à une nature figurée. Et la femme, tout à tour amante, épouse, mère ou marâtre, sorcière ou bien encore fée, occupe une place centrale dans son travail. Marc-Oliver Ranson-Bitker, co-commissaire de l’exposition, d’avancer ici cette explication: fils unique, Paul Ranson n’a jamais connu sa mère, mort en couches et, de ce fait, n’a jamais établi cette relation fusionnelle si spécifique au lien mère-enfant. On peut même imaginer que dans cette absence de construction d’une relation intersubjective, se trouve une des explications du goût de Paul Ranson pour l’ésotérisme au sens de ce qui n’est partagé que par les initiés.

En effet, poursuit Marc-Olivier Ranson-Bitker, le parallèle est facile à établir entre les signes et codes singuliers caractéristiques de la relation mère-enfant et, par exemple, les codes linguistiques utilisés par les nabis entre eux et dont leur correspondance témoigne. Le mariage de Paul Ranson avec l’une des ses cousines avec laquelle il avait partagé bien des vacances de son enfance et qui lui servira de modèle pour de nombreuses oeuvres, pourait participer du même mécanisme inconscient.

Après l’annonce de la naissance de son fils Michel, Paul Ranson multiplia les visions démoniaques terrifiantes comme si cette naissance annoncée lui faisait craindre de voir l’histoire se renouveler et son fils lui enlever à jamais son modèle féminin. Et après la naissance, le peintre délaissa très vite sa famille, passant les dernières années de sa vie auprès de son ami Georges Lacombe au sein d’un univers misanthrope peuplé, ça et là, de quelques faunes et faunesses comme si, à ses yeux, seule la nature méritait d’être représentée.

Pour revenir un instant sur la vive attirance de Paul Ranson pour l’ésotérisme, la magie, les rites secrets (sa curiosité le pousse à étudier la théosophie, l’astronomie et les civilisations antiques orientales – Thadée Natenson parlait d’une « fièvre mentale, dont la contagion remonterait au moins à Baudelaire mais plus encore à Poe « ), arrêtons nous un instant sur ce « Paysage nabique » qui en est la plus pure illustration:

Huile sur toile (90x114 cm). Collection particulière.

Ce paysage se présente comme un panorama de symboles juxtaposés et organisés en trois zones distinctes. Les trois ordres naturels y sont représentées: l’humain, l’animal et le végétal, mais aussi les astres, les montagnes et même une créature fantastique. Ranson a probablement puisé dans Le traité élémentaire de science occulte (1889) de Papus, qu’il possédait dans sa bibliothèque, la signification de l’étoile à cinq branches, le pentogramme, symbolisant « l’intelligence (la tête humaine) dirigeant les quatre forces élémentaires (les quatre membres)« . Elle représente aussi une protection contre la sorcellerie. Les Nabis s’en servent parfois dans leur correspondance comme un signe cabalistique.

Si le sens des figures astronomiques est explicite, tout comme celui du paon au centre qui incarne l’immortalité, ou celui de la femme appuyée à la margelle du puits qui symbolise la vérité, le petit personnage féminin chevauchant l’oiseau (en haut à droite de la composition) demeure énigmatique. Tout comme reste mystérieux l’homme d’allure orientale  qui est représenté assis à gauche du tableau, enveloppé dans un large voile formant une sorte de mandorle autour de lui. Il cueille une petite fleur, peut-être la connaissance ? Aussi, peut-être s’agit-il de Rama, l’un des Grands initiés (le livre d’Edouard Schuré) ?

On le devine: la thématique générale de l’oeuvre nous laisse penser qu’il s’agit là d’un nouveau « talisman » réalisé deux ans après l’oeuvre-clé de Paul Sérusier. Un tableau syncrétique, porteur d’un message spirituel fondamental pour Ranson mais dont le sens aujourd’hui nous échappe.

Parallèlement à cet ésotérisme, le tableau, avec ses aplats de couleurs vives, illustre les principes énoncés par Gauguin au Bois d’Amour et ses qualités décoratives représentent à elles seules un véritable manifeste. Une frise de végétaux stylisés composée de fleurs de lys bleues (symboles de pureté) et de scarabées (signes de régénération) posés rythmiquement en bas, comme les motifs d’un papier peint, tempère la sécheresse de la peinture et la simplicité presque naïve de la composition.

Photothèque…

Baigneuses ou Le Lotus (1806), Huile sur toile, Musée d'Orsay.

Christ et Bouddha (vers 1890), Huile sur toile (66,7 x 51,4 cm), Gooreind-Wuustwezel, Triton Foundation

Schouchanah ou Suzanne ou Suzanne et les vieillards (1891), Encaustique sur très grosse toile (65 x 54 cm), Collection particulière.

Les Sorcières autour du feu (1891), huile sur toile (38 x 65 cm), Saint-Germain-en-Laye, Musée Maurice Denis , cliché Yves Tribes.

La Clairière ou L'Orée du bois (vers 1895), huile sur toile (60 x 80 cm), Collection particulière.

Film au Musée de Pont-Aven:

Dimanche 27 juin – 10h30, salle de l’auditorium du musée
(accès libre à la projection après règlement du droit d’entrée au musée)

Le film présenté est dédié au mouvement nabi et dure environ 1h30.
Il retrace la création du mouvement et ses caractéristiques. Plusieurs artistes sont évoqués : Maurice Denis, Pierre Bonnard, Paul Sérusier, Paul Ranson, etc.
Fabienne Gilles, agent de médiation, présentera la projection

Conférence au Musée de Pont-Aven:

Vendredi 2 juillet, 18 heures

« Paul Ranson, artiste nabi: fantasmes et sortilèges », par Gilles Genty, historien de l’art, professeur et commissaire de nombreuses expositions, co-auteur du Catalogue raisonné de l’oeuvre de Paul Ranson (Paris, Somogy, mai 2000).

A rapprocher de l’exposition de Pont-Aven, la très belle exposition « De Gauguin aux Nabis, Le droit de tout oser » présentée par le Musée de Lodève (Musée de Lodève) du 12 juin au 14 novembre 2010.  Une manifestation qui rassemble cent  vingt oeuvres qui permettent de parcourir l’art nabi dans son ensemble. Artistes représentés: Bonnard, Bernard, Denis, Gauguin, Filiger, Ibels, Lacombe, Maillol, Ranson, Rippl-Ronai, Ker-Xavier Roussel, Sérusier, Toulouse-Lautrec, Vallotton, Verkade, Vuillard. Une exposition coordonnée par deux commissaires: Frédéric Bigo, directeur délégué du Musée-Jardin Maurice Denis, et Gilles Genty spécialiste des Nabis, déjà largement impliqué à Pont-Aven.

Phototèque…

Mogens Ballin, Paysage breton (1891), Musée-Jardin Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye

Maurice Denis, Régates à Perros-Guirec (1897), Musée-Jardin Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye © ADAGP Paris 2010

Ker Xavier Roussel, Composition dans la forêt (1890-1892), Musée-Jardin Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye © ADAGP Paris 2010

Jan Verkade, Paysage décoratif (1891-1892), Collection particulière © ADAGP Paris 2010

Maurice Denis, Saintes femmes au tombeau (1894, Musée-Jardin Maurice Denis, Saint-Germain-en-Laye © ADAGP Paris 2010

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